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Editorial

C’est fini, le CPT déjà enterré et oublié !

Il y a des souvenirs qui doivent être enfouis dans les profondeurs des abysses afin d’être oubliés définitivement. En Haïti, ces expériences douloureuses, dont les stigmates doivent être effacés au plus vite, sont nombreuses. Cependant, l’expérience du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) doit être mise dans une case à part. Catastrophe sans nom, cette expérience fait partie de ces souvenirs dont on ne veut plus se remémorer et des erreurs qu’il ne faut plus jamais commettre, sous peine de faire disparaître un pays tout entier.

En Haïti, regrouper au sein d’une même structure de gouvernance des personnalités de sensibilités politiques différentes revient à rassembler dans une même savane des fauves aux appétits féroces pour traquer une même proie. S’il est vrai que certains citoyens avisés prédisaient le cataclysme qui allait suivre, personne n’aurait pu imaginer, malgré cet assemblage d’esprits malveillants, qu’il allait prendre une telle ampleur.

L’année 2025 a livré son verdict : la nation veut mettre fin au plus vite à cette kakistocratie, source de corruption, d’impunité et de violence. Depuis l’avènement de cette équipe, les massacres ne se comptent plus. Les territoires perdus se multiplient. Les mises en scène cyniques à Solino et aux Champs de Mars, servant une indécente propagande sur un éventuel retour de l’État au Centre-Ville, constituent une énième maladresse qui frustre.

Dans ce ras-le-bol collectif, les cris d’écœurement face à la négligence et à l’incompétence des gouvernants résonnent de partout. Calmer la colère populaire par le saupoudrage, le maquillage des faits et les changements intempestifs au sein du gouvernement pour amadouer les groupes subversifs ne passent plus. D’autant que chaque changement s’avère être un choix plus catastrophique que le précédent.

La nomination de Jonas Vladimir Paraison à la tête de la PNH ressemblait à une tentative maladroite de récupération des forces de l’ordre pour servir une cause qui, visiblement, n’est pas celle de la population. Comme souvent avec cette équipe, le résultat a été catastrophique. Les massacres ont continué. Nos villes brûlent. Malgré l’ampleur inédite des contestations et le rejet total du CPT, aucune disposition sérieuse n’est prise pour rétablir la sécurité, demande commune de la population.

Les violences engendrées par les gangs armés, créés pour orchestrer le plus grand déplacement interne de population dans l’histoire d’Haïti, génèrent une misère atroce, avec la destruction de nos espaces de production agricole et industrielle. L’inflation enfle. Nos ports et aéroports fonctionnent au ralenti. Plus de 6 millions de concitoyens font face à une insécurité alimentaire aiguë. Les maigres ressources de l’État, qui devraient être employées pour soulager ces maux, finissent sur les comptes en banque des nantis du pouvoir.

Le scandale de la BNC restera comme une tache indélébile du passage de ces neuf chefs de meute, tombés au hasard sur un pouvoir vacant, qu’ils ont usé comme la caverne d’Alibaba. Les tentatives maladroites de s’immuniser contre les crimes financiers et autres dérives au cœur du pouvoir ne sont qu’une manifestation de plus de ce mépris généralisé du bien commun, mobilisé pour satisfaire les fantasmes de ces mégalomanes.

En transformant Haïti en camp de concentration où s’empilent désespoir et indigence, la communauté internationale et ses collaborateurs haïtiens ont réussi le coup du siècle. Tenir tout un peuple en captivité est une œuvre cynique. Ce déni d’humanité manifesté par nos « amis » est un réflexe contagieux qui affecte même nos propres dirigeants, dont la cruauté n’a d’égale que la cupidité. Combattre l’indécence et la cruauté est une tâche ardue, surtout lorsqu’elles émanent de gouvernants qui vivent dans un monde trop éloigné de celui du peuple pour voir sa misère.

Cet échec collectif d’une génération de politiques qui n’a plus rien à offrir à ce pays a été précipité par les membres du Core Group. En rassemblant tous les animateurs de béton, partisans de la transition, l’international a montré que ces acteurs n’avaient plus rien à offrir au pays.

Aucune dignité ! Après l’humiliation majuscule des sanctions imposées à un conseiller, voir les membres du CPT s’asseoir à la même table que le chargé d’affaires du même pays pour la fin d’année montre clairement qu’ici on ne vit que par et pour le pouvoir.

Jean Corvington
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