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Editorial

Le CPT doit partir !

Unanimement, l’opposition politique réclame ce départ.  Dans sa grande majorité, la population soutient cette demande.  Le ras-le-bol est total.  Le CPT frustre.  Ce pouvoir est un échec, sans bilan, sans mission.  La corruption est montée d’un cran.  L’insécurité et son cortège de morts aussi.  Les déplacés, les kidnappés sont légion.  À bout de souffle, le peuple veut un changement et, dans l’état actuel des choses, il serait même prêt à le forcer.

Il s’avère inutile de lister les différents mensonges et manquements du pouvoir intérimaire qui, sciemment, a décidé d’abandonner le peuple haïtien en proie aux bandits.  Les actions de l’équipe au pouvoir sont toutes contraires à la volonté populaire.  Elles sont antihumanistes en ce sens qu’elles déshumanisent l’Haïtien qui, aujourd’hui, devient un animal traqué dans son propre pays, qu’il tente par tous les moyens de fuir.

L’économie est totalement cassée.  Les structures de la société sont brisées.  Seuls les gangs et ceux qui sont dans le pouvoir ont droit de cité.  Le « je-m’en-foutisme » n’a jamais été un mode de gouvernance, sauf ici, avec le CPT.  Les meurtres, les massacres, les enlèvements, rien n’émeut ce pouvoir parachuté par la CARICOM.  Aucun membre du CPT ne se rebelle.  Ils sont dans un confort inquiétant.  Complices de cette hécatombe, ils le sont tous !

Les supputations et les suppositions qui résultent du Conseil présidentiel de transition, face au désespoir des citoyens, montrent clairement que la population est à bout.  Ses grandes priorités, comme l’instauration d’un climat sécuritaire pour vaquer à ses activités, sont oubliées.  Paradoxalement, le CPT, qui entretient par son inaction cette situation délétère, voit approcher toutes les semaines, notamment à l’approche du 7 février, la date marquant la fin de son mandat, conformément aux articles 6 et 6.1 du décret portant création et fonctionnement du CPT.

Dans ce climat tendu, où le pays n’imagine plus l’avenir avec le CPT aux commandes du pouvoir, le peuple paraît, pour une fois, prêt à se rebeller contre le sadisme de ses dirigeants qui font de sa misère une entreprise lucrative.  Les tentatives désespérées, ainsi que la mobilisation circonstanciée des forces de l’ordre pour dissuader les manifestants, n’y changeront rien.  Le règne du CPT doit prendre fin.  Comme un ange déchu qui prédit sa fin, il avait, avec ses copains, convenu de son départ en cette date fatidique.

Se dresser contre le peuple et sa volonté de changement n’a jamais été une solution sans casse.  Ses prédécesseurs peuvent en témoigner.  Le CPT est déjà allé trop loin dans sa mauvaise gouvernance, sa nonchalance, et surtout son cynisme face aux deuils chroniques et à la misère du peuple.

En plus de cette déshumanisation fabriquée dans les boudoirs occidentaux et implémentée par ses amis, le CPT et son équipe sont en train d’hypothéquer l’avenir de la Nation sur plusieurs décennies.  Car la société haïtienne, sous le regard complice du « clique » au pouvoir, est vidée de sa jeunesse qui devait incarner sa renaissance.

Pouvoir sans opposants véritables, le CPT a offert, dans ses mensonges à répétition et ses coups bas sans scrupule, les arguments pour lancer les mobilisations antigouvernementales.  Pendant environ vingt-deux mois, son jeu pervers couvait les germes de sa perte.  La gourmandise de ses alliés ne laissait de place à quiconque pour apporter une note plus humaine dans ce chaos, surtout au milieu de cette meute d’avares qui se nourrissent dans les caisses de l’État.

Si le CPT méprise autant son peuple, le maltraite et se complaît dans les actions des gangs qui servent son plan de faire revenir le « Blanc », il acquiesce toujours, sans ciller, aux injonctions de l’étranger sur lequel il compte pour se maintenir au pouvoir.  Une honte pour une nation indépendante qui a poussé toute une race d’hommes à se dresser contre le colonialisme et ses vertus déshumanisantes.

Le CPT peut, à juste titre, être considéré comme une négation des valeurs haïtiennes, un pouvoir colonisé, incapable de se rebeller contre ses maîtres.  Pour casser cette spirale chaotique installée comme manière d’être, le Conseil présidentiel de transition doit impérativement laisser le pouvoir ou, tout simplement, il doit être expulsé de la villa d’accueil pour faire place à des dirigeants responsables, conscients des enjeux du moment.

Jean Corvington
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