septembre 18, 2020
Société

COLLEGE MARANATHA DE BOLOSSE, UN AN APRES, UN SOUVENIR TOURNE AU CAUCHEMAR

« Maranatha, souviens toi et avance », c’est autour de ce thème que l’union Baptiste d’Haïti a célébré le premier anniversaire de l’attaque perpétrée dans les locaux du collège Maranatha de Bolosse, le 13 novembre 2017, après une opération de la PNH. Une attaque qui avait fait plusieurs morts notamment un policier et le gardien de ladite institution Julio FONGENE. L’un des responsables du Collège, diacre Armand Leonard, a, quant à lui, été sévèrement battu, arrêté, puis libéré. Un an après, les responsables de l’Union Baptiste n’ont passé sous silence, le premier anniversaire de ce jour douloureux.

C’est par une activité religieuse que la cérémonie s’est déroulée en présence des responsables de l’Union Evangélique Baptiste d’Haïti(UEBH), hommes politiques, le responsable de la compassion internationale, du président la Fédération Protestante d’Haïti, des missionnaires étrangers, les responsables du collège, le syndicaliste, Josué Merilien et des parents venant de partout, pour marquer à leur façon cette journée, qui, à jamais restera gravée dans leur esprit.

Le directeur du Collège, l’Ing, Armand Louis, l’une des victimes de ces événements, dans son intervention n’a pas manqué de critiquer les responsables du pays. « La situation que nous vivons dans la zone depuis lors est insupportable. Nous sommes assiégés dans la zone par des groupes armés au Nord, au Sud, de l’Est à l’Ouest, ce qui empêche à nos enfants d’appendre dans la quiétude. Il est difficile de parler d’autorités dans le pays, car jusqu’à présent, les différentes promesses faites par les autorités n’ont pas été tenues. Il faut que ça change dans la zone », a ainsi martelé l’ing. Avant d’ajouter, « En raison des difficultés sécuritaires plusieurs dizaines d’écoliers ont laissé l’institution ».

Pour sa part, le syndicaliste Josué Mérilien qui a pris à cette activité de commémoration, a été très critique envers le ministre de l’éducation Pierre Josué Agénord Cadet. « L’absence du ministre traduit tout simplement l’évidence des faits qui lui sont reprochés ces dernières semaines. Il est en train de fuir la presse pour ne pas intervenir sur certains dossiers », a laissé entendre le professeur, avec beaucoup d’humour.

Le député de la troisième circonscription de Port -au-Prince, à de son coté expliqué qu’il vit encore avec les douleurs des événements du 13 novembre de l’année dernière. « On n’est pas encore prêt d’oublier ces faits ». L’élu de la troisieme circonscription n’a pas tari d’éloges à l’endroit du directeur du collège, l’Ing. Armand Louis qu’il campe comme une icône dans la zone. Le député Printemps Bélizaire demande justice pour toutes les victimes des événements du 13 novembre 2017.

Cependant, la fin de la cérémonie de souvenir allait être tournée au vinaigre quand des bandits armés commençaient à lancer des projectiles en direction de l’institution. Un fait qui a provoqué une situation de panique dans la zone. Des journalistes, présents pour assurer la couverture de la cérémonie ont failli être victimes. La journaliste de la radio Galaxie, Patricia Roger a laissé l’espace en larmes. Un nouveau cauchemar pour les responsables du collège Maranatha de Bolosse et pour les journalistes présents.

Mauryle AZAINE, radio Metronome

 

Related Posts