décembre 4, 2020
Actualités

Louise Mushikiwabo, nouvelle voix contestée de l’OIF

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a désigné, par consensus, une nouvelle secrétaire générale, en replacement à Michaelle Jean qui vient de passer 4 ans à la tête de cette organisation. Louise Mushikiwabo, actuelle chancelière du Rwanda, succèdera à l’ancienne gouverneure générale du Canada dans un contexte de polémique.

La consécration de cette proche du président Kagame est perçue comme un retour de l’OIF dans son giron d’origine, l’Afrique. Michaelle Jean n’aura été qu’une simple parenthèse vu que depuis sa fondation, l’OIF a toujours été dirigée par des africains. Cependant, plusieurs ONG de défense des droits de l’homme, mais aussi, entre autres, quatre anciens ministres français ont protesté contre le choix de madame Mushikiwabo.

Jeudi, certes, la secrétaire générale sortante a réussi par son discours à « gripper » une machine qui était trop bien huilée à ses yeux. Une seule phrase a suffi : « Sommes-nous prêts », a-t-elle demandé à la tribune, à accepter que la démocratie et les libertés soient « vidées de leur sens » au nom de « la realpolitik » et des « petits arrangements entre Etats ».

Pour la défendre, ceux qui soutiennent Mme Mushikiwabo usent d’une petite pirouette intellectuelle : ils disent qu’en reprenant l’OIF, la Rwandaise fera sienne la Charte de l’organisation, changera de casquette et pourra ainsi tout à fait librement faire des remarques à ses interlocuteurs. C’est par exemple le propos du ministre nigérien des Affaires étrangères.

Mais le cri du cœur de cette femme blessée n’aura rien changé au scénario qui se dessinait à Erevan depuis le début. Même si Mme Jean a sans doute de nouveau évoqué la question ce vendredi au moment de présenter son bilan aux dirigeants de l’OIF – son idée, semble-t-il, était de poser un pavé dans la marre avant de tirer sa révérence -, autant le dire clairement : certains délégués ont peu goûté son franc-parler.

Le 17e sommet d’Erevan marquera un tournant, estime en tous cas Alpha Barry, ministre burkinabè des Affaires étrangères, qui constate notamment l’attrait que joue l’institution internationale auprès de pays comme le Ghana, pays anglophone membre du Commonwealth, et qui vient d’obtenir un statut d’observateur au sein de la famille francophone.

Radio Métronome avec RFI

Related Posts