septembre 22, 2020
Société

Il est venu, il a vécu, il est parti…

Marquer son passage sur cette terre pour y laisser son empreinte, imprimer sa marque dans la mémoire collective: le but ultime d’une existence qui vaut la peine d’être vécue. Une existence qui tiendrait compte de la somme de ses actions ainsi que de l’importance qu’elles revêtent aux yeux des autres. Un héritage précieux pour la postérité, un guide efficace pour les vivants qui en tirent l’essence voire l’essentiel. Quoi de plus noble d’arriver à faire de son propre vécu un témoignage vivant du respect des plus belles vertus: la sagesse, la justice, la force morale ou la tempérance… Quelqu’un qui a cultivé l’amour, pratiqué le partage, fait de l’entraide son mode de vie peut-il vraiment s’éteindre et partir vers le monde de l’oubli?
Certains voient la vie simplement à travers ce cycle classique qui va du jour de sa naissance à celui de sa mort, d’autres par contre croient que l’histoire de son vécu n’a véritablement de sens, que si la rédaction de ses plus belles pages n’ait débuté qu’après un bref passage sur cette terre. Ce qui sous-entend qu’on trouve sa place au côté des grands de ce monde que si sa vie peut servir de lumière pour éclairer les pas des générations à venir, qu’on aurait tout bonnement fait œuvre qui vaille.

Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir identifier une cause, d’y voir toute l’étendue de sa noblesse, de l’embrasser corps et âme pour en faire son mode de vie et sa raison d’être. Dans un monde contaminé par l’hypocrisie, où l’individualisme à outrance bat son plein, rester soi-même relève d’un dépassement surhumain: un véritable parcours du combattant avec une multitude d’épreuves à surmonter quotidiennement. Quand on y parvient, on peut être sûr d’avoir défendu sa cause dignement et fièrement. Vivre la vie qu’on a choisi sans regret et poursuivre sa voie jusqu’au bout malgré les embûches de toutes sortes est un choix difficile et courageux. Toute tentative pour essayer d’enlever cet acquis-là à quelqu’un est une manœuvre lamentable et mesquine, vouée à l’échec et aux oubliettes. Car quand on arrive à s’élever au rang de modèle, d’icône, de patrimoine ; l’impact de son œuvre résonne à une échelle qui dépasse l’entendement et qui repousse les limites. La motivation qu’il procure inspire le bien et se met hors d’un monde de plus en plus déshumanisé.

C’est humain de pleurer certaines disparitions, de laisser éclater toute sa tristesse, son regret, sa désolation… Cependant, il faut toujours se rappeler que l’héritage d’un homme de bien, d’un homme bon, perdure dans le temps et se bonifie tel un vin avec l’âge. Quelqu’un qui a vécu pleinement sa vie, qui a constamment éprouvé du bonheur dans ses sacrifices pour les autres, mérite qu’on salue son départ avec fierté et satisfaction. La meilleure façon de lui rendre hommage et de lui témoigner son respect est de suivre sa trace en s’inspirant de sa philosophie de vie, afin qu’il reste vivant à jamais dans les mémoires et dans les cœurs.

« 2 jours à vivre… » ! (En hommage à Jacques JEAN-PIERRE)

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