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Editorial

Haïti-Politique : le Conseil Présidentiel toujours dans l’impasse !

Stagnation ! Alors que la crise enfle en Haïti, les acteurs impliqués dans la mise en place du Conseil présidentiel continuent de s’affronter. Désormais, c’est la présidence du Conseil qui est la pierre d’achoppement. Personne n’est prêt à faire des concessions pour avancer. Même les observateurs veulent avoir leur mot à dire. Contre toute attente, ils veulent voter, violant ainsi ce qui avait été prévu dans l’aide-mémoire de la CARICOM.


Le pays n’est pas la priorité dans les discussions qui se déroulent pour la mise en place du Conseil présidentiel. Entre reports des rencontres et affrontements entre les acteurs, le processus stagne. La présidence du CP est un trophée dont nul ne veut se priver. Parmi les sept membres dotés de droit de vote, quatre se sont déjà déclarés candidats, en attendant d’autres. René Jean Jumeau, représentant du Rassemblement pour une entente nationale et souveraine (REN), veut voter à tout prix. Il oublie qu’un observateur ne vote pas.


Comme à l’accoutumée, certains, face à l’adversité veulent tout saborder. C’est le cas de Montana qui, avec l’arrivé du représentant du Parti Politique Pitit Desalin (PPPD), se sent menacé. La majorité est inversée. Et la Présidence du Conseil, longtemps promis à Fritz Jean, semble s’éloignée définitivement. L’entrée en scène de René Jean Jumeau et de REN, participe justement des manœuvres de Montana visant à reconstituer une nouvelle majorité.


À défaut de cette majorité, la bande à Fritz Jean est prête à faire chavirer le Conseil Présidentiel. Leur demande de rapatrier le processus, alors que les acteurs haïtiens dans leur gloutonnerie se sont longtemps montrés incapables de s’asseoir et de trouver un accord, est une autre manœuvre dilatoire pour forcer la main à la CARICOM. Dans son avidité, Montana risque donc de frustrer toutes les autres parties impliquées dans le processus et de les coaliser contre lui.


Le « projet » du groupe de Montana ne pourra donc servir de panacée pour guérir les maux du pays. Ce n’est qu’une prétention qui s’inscrit exclusivement dans une visée clanique, remettant en cause la volonté affichée de trouver une solution concertée à cette crise qui a déjà trop duré. Couplée avec l’appétit féroce des membres du secteur privé, toujours prêts à s’impliquer dans les mauvais coups pour protéger leur monopole, l’effet déstabilisant qui pourrait en résulter peut être catastrophique tant pour ce Conseil présidentiel issu de douloureuses négociations entre les acteurs, sous les auspices de la CARICOM que pour la population oubliée dans sa misère.


Dans cette République en agonie, les citoyens n’ont plus le temps d’attendre et de laisser libre court aux caprices des avaricieux. Retarder la mise en place du Conseil présidentiel devient dans ce contexte un obstacle à un relèvement de l’État. La mise en place d’un gouvernement, pour le moins régulier, depuis la fuite des membres du gouvernement actuel qui se terrent pour éviter les représailles des groupes terroristes qui contrôlent la Capitale, est une priorité absolue.


Ce qui semble échappé au bon sens des acteurs engagés dans la mise en place du CP, c’est leur devoir de résultat. Ils n’ont pas le droit d’échouer, sous peine de se voir exclure définitivement de la transition politique qui devra redessiner les contours des pouvoirs publics en Haïti. L’incertitude qui affecte ce processus est une conséquence directe des jeux d’intérêts visant à créer de nouveaux pôles de pouvoir au détriment des intérêts directs du peuple haïtien.


Cette course insensée pour se placer à tout prix à la présidence du Conseil présidentiel risque de faire des victimes dans tous les camps. De toute façon, il n’y aura aucun gagnant. Le consensus qui a permis d’arriver jusque-là, risque de se casser. Ce qui aurait pour conséquences de raviver les rumeurs faisant croire que le CP a été un grand camouflage destiné à masquer les vrais enjeux et les plans d’une internationale toute puissante, toujours doter d’un véto indépassable quand il s’agit d’imposer une solution aux acteurs politiques haïtiens.

Jean Corvington
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