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Editorial

Haïti-Sécurité : L’ONU expose la laideur des élites haïtiennes !

Le dernier rapport des Nations Unies sur la question de l’insécurité en Haïti, ne  laisse personne indifférent. Qualifié de note de rappel, de désaveu sonore des actions des classes et/ou groupes politique et économique, il aura été, en ce milieu de semaine, l’objet de tous les débats. En fin de compte, il est à retenir qu’il est nécessaire de revoir leurs relations avec l’espace haïtien, ainsi que leur relation avec le pouvoir et l’instrumentalisation de l’État à des fins particulières.
 
L’exercice du pouvoir politique et économique donne souvent lieu à des abus, des exagérations. Ces dernières années, en Haïti, les tenants des secteurs économique et politique, détenteurs des pouvoirs, ont franchi toutes les limites. Les assassinats en série, les enlèvements, le pillage et le gaspillage des fonds publics ont rythmé le quotidien des Haïtiens. La mise en place de gangs armés sur des axes stratégiques a rendu la sauce encore plus indigeste et la circulation de l’argent sale, encore plus fluide.
 
Le chaos généré par les hystéries des parvenus au timon du pouvoir, à la solde de groupes mafieux de l’élite économique est indescriptible. « Les niveaux de violence et de cruauté auxquels les gangs sont prêts à se laisser aller lorsqu’ils commettent des violations des droits humains sont sans précédent ». Cette assertion du groupe d’experts de l’ONU ayant rédigé ce rapport, pousse à réfléchir sur la déshumanisation de l’être haïtien plongé dans un fleuve d’atrocités et de désorganisation inqualifiable.
 
Des Présidents et Premiers ministres délinquants, aux gouvernements et parlementaires organisés comme des bandes de criminelles, l’ouragan PHTK a tout balayé. Il faut souligner qu’il a hérité de conditions favorables créées par ses prédécesseurs également investis dans cette entreprise macabre de destruction de la République. Avec la neutralisation de la Justice, réduite à sa plus simple expression où rendu amorphe à cause des pions placés dans ses plus hauts sommets, le terrain était aplani. Et PHTK en a pleinement profité.
 
Ces dérapages, couplés avec les trafics d’arme à feu et de stupéfiants, ont fait d’Haïti à la fois une cause régionale et internationale désespérante. Les victimes à l’intérieur du territoire se comptant par milliers n’ont pas suffi à convaincre les élites à se mettre ensemble pour inverser cette spirale infernale qui les engloutit. Ce rapport de l’ONU est une condamnation de leurs pratiques, de leurs rapports à l’État et de leurs activités qui semblent être guidées par cette affreuse voracité de glouton éternellement insatisfait. Des élites aveuglées par la quête de richesse rapide dissimulent une réalité insupportable, le règne de l’impunité en Haïti arrive lentement mais sûrement à son terme.
 
 
La population est affamée, à cause du blocus imposé par les gangs manipulés par les nantis qui se livrent une guerre pour le contrôle du commerce ou de certaines activités économiques rentables. Haïti est un paradoxe insupportable. C’est d’un territoire dans lequel le gouvernement crée un anti-gouvernement organisé, engagé pour défier l’État. Le kidnapping est devenu à la fois un instrument politique, un outil de dissuasion et une entreprise lucrative qui améliore les revenus de certains groupes, contribuant à l’appauvrissement de la population massée dans les bidonvilles, orchestré par les détenteurs du pouvoir.
 
 
Les efforts pour effacer les traces de certains crimes financiers, comme Petrocaribe, ont tous échoué, car certains citoyens resistent encore au milieu de ce désastre, pour réhabiliter la mémoire et lutter contre l’inacceptable. Les dilapidateurs ont répondu par une violence encore plus terrible et aveugle. Les événements des dix dernières années sont indélébilement inscrits sur les murs de Port-au-Prince et de ses quartiers. La seule rédemption pour les criminels passera par le verdict d’un tribunal impartial, ou celui d’une population dont la colère vengeresse rougira l’horizon. Une colère justifiée qui a accouché du « Bwa Kale », la seule réponse qui, jusqu’à présent, a secoué les gangs et leurs patrons.
 
Comme le dirait Laurent Joffrin, la vérité est en marche. Cette vérité circulait déjà au milieu de la population. Elle savait que ses élites, pour la plupart délinquante, étaient responsables de ses malheurs. L’ONU vient de le confirmer. Certaines personnalités sont plus impliquées que d’autres. Tous les rapports mènent à elles. Elles figurent sur toutes les listes de sanction. Youri Latortue, Michel Martelly, Reynold Deeb, Victor Prophane, en attendant les autres noms, sont, selon les experts de l’ONU, les figures qui symbolisent cet univers du crime érigé en mode de vie en Haïti.

Jean Corvington
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