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Editorial

Haïti-Police : Pas de vœux, que des aveux, d’« Impuissance » !

Vraisemblablement, la Police Nationale d’Haïti ne formulera pas de vœux à la population en cette fin d’année. Trop peu d’actions pour protéger et servir ceux qui sont leur véritable patron. Alors que 2023 agonise, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Aucun bilan sérieux. L’insécurité est partout. Les gens meurent et se font enlever quotidiennement. Mis à part quelques rares strapontins, la PNH n’a aucun trophée à exhiber.
La criminalité prend toujours des proportions alarmantes en fin d’année, pourtant, la Police reste bouche bée. Aucune annonce n’a été faite sur les mesures qui seront adoptées pour faciliter la circulation de la population durant les « fêtes ». Aucun plan de sécurité, alors que les chefs de police précédents ont toujours usé de ce podium pour se montrer. Frantz Elbé, lui, était au Kenya.
Cet aveu d’impuissance ravive cette peur paralysante qui force le citoyen à rester cloîtré chez lui, bien que ce ne soit nullement, aujourd’hui, une garantie de sécurité. Aussi, ce silence irresponsable est une affirmation majuscule de l’abandon de la population par les autorités étatiques. Occupé à préserver leur pouvoir dans un dialogue stérile orchestré par la CARICOM, le Gouvernement d’Ariel Henry oublie presque ce qui l’a amené au pouvoir : l’Insécurité.
M. Henry, rappelons-le, s’est hissé au sommet de l’État, à la faveur d’un crime affreux contre l’ancien président Jovenel Moïse, assassiné, dit-on, dans sa propre maison. Il revenait donc au Premier ministre de rétablir un climat sécuritaire dans le pays afin de rassurer le simple citoyen qu’il n’était pas lui-même une proie des bandits qui sévissent dans la Capitale. Cette attente quasi unanime de la population a été, jusqu’ici, vaine.
Les discours de l’équipe au pouvoir dans ce contexte difficile où l’insécurité va grandissante ne rassurent pas, ou du moins n’ont jamais eu la vertu de rassurer quiconque. L’État est devenu un lanceur d’alerte, et un adepte du catastrophisme comme pratique pour forcer le déploiement d’une force internationale. Ce serait la porte de sortie d’Ariel, et la volonté du tout puissant « BLANC » qui dirige par personne interposée.
Lorsqu’un Ministre de la Justice parle de territoires perdus, ou que le DG de la PNH signifie à la face du pays que la PNH n’était pas formée pour combattre les bandes armées, alors qu’il avait lui-même affirmé, une semaine plus tôt, lors de la distribution de quelques équipements par l’Ambassade de France, que ses troupes étaient désormais prêtes, le citoyen est perdu, isolé, et sans voix. Face à ce double langage qui n’augure rien de bon, le désespoir étend ses tentacules.
Promesses fallacieuses et mensonges à répétition sur la situation sécuritaire du pays auront donc été les refrains repris en chœur par les membres du gouvernement qui, confortablement, ont déjà passé plus de deux ans dans une transition qui, paraît-il, est loin, très loin de sa fin. Les morts se comptent par milliers, alors qu’Haïti n’est pas en situation de guerre.
Le dépeuplement de la PNH et l’affectation d’un nombre croissant de ses agents au service de certains membres du gouvernement ou de particuliers du secteur privé des affaires, est un autre coup de semonce asséné à cette population perdue dans cette spirale de crime et de violence chronique. Qu’il n’y ait donc pas de plan de sécurité pour cette fin d’année, serait au final, le seul plan viable pour faire venir cette force multinationale qui, bon gré mal gré, représente la seule lueur d’espoir face à cette inacceptable insécurité provoquée.

Jean Corvington
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